Communiqué de presse des professeurs grévistes vendredi 10 mars 2000 du Lycée Jean MOULIN des ANDELYS (27) Vu l'étrange silence des médias (radio et TV) concernant le mouvement massif des professeurs de l'Education Nationale, nous vous serions reconnaissants de diffuser ce message rédigé par un collectif de grévistes du Lycée Jean MOULIN aux ANDELYS, en grève depuis le lundi 28 février. __________________________________________________________ Les enseignants grévistes du Lycée Jean MOULIN des ANDELYS (27), unanimement écoeurés, dénoncent la manipulation de l'information concernant le mécontentement des enseignants. Tout d'abord, nous tenons à préciser que, contrairement à ce qui est souvent diffusé, des enseignants de lycées généraux, techniques, et de collèges sont présents aux côtés des professeurs des lycées professionnels. La manifestation du 6 mars à Paris, qui réunissait entre 4000 et 8000 personnes (selon les sources !) a bien été relayée par certains médias ; mais la diffusion consécutive de contre-exemples non représentatifs de la situation, n'a fait qu'amplifier notre mécontentement. A aucun moment nos revendications essentielles ne sont apparues sur les différentes chaînes, même celles qui prétendent être un service public... En agissant de la sorte, vous contribuez à fausser le jugement de l'opinion publique. On peut se poser la question : l'information concernant ce mouvement est - elle censurée ? D'autres actions menées toute cette semaine au sein de notre académie (et dans bien d'autres) n'ont rencontré que peu d'échos, au niveau national. C'est la raison pour laquelle de nombreux établissements - dont le nôtre - diffusent les informations concrètes aux parents d'élèves. Ils comprennent parfaitement la situation, et nous soutiennent le plus souvent. Voici en résumé, nos revendications : Pour les Lycées Professionnels : Nous nous insurgeons contre la suppression massive d'heures de cours - Ce qui ne nous permet plus d'assurer notre mission de service public (disparition de certaines matières - fin des dédoublements) - Ce qui fait le jeu de l'enseignement privé, auquel on confie de plus en plus souvent les formations qualifiantes (comme les Bacs professionnels). Nous déplorons le désengagement de l'Éducation Nationale qui refuse de créer ces sections dans les lycées professionnels, malgré la forte demande - comme dans notre académie par exemple. Nous refusons l'annualisation du temps de travail et la baisse constante du nombre de jours de congés Pour les Lycées Généraux : * Nous refusons de voir les heures de cours transformées en « activités » qui remettent en cause le contenu des enseignements dans les différentes disciplines * Nous contestons un baccalauréat inégal entre les académies, et les établissements, du fait de l'introduction du contrôle continu et de l'abaissement du niveau des épreuves (comme le français) * nous nous élevons contre la précarisation de l'emploi public, le recours massif aux emplois jeunes et aux contractuels, à la place de professeurs nommés. Pour conclure, nous luttons contre le saccage de l'Education Nationale, pour défendre l'école de la République. EST - CE VRAIMENT UN COMBAT D'ARRIERE GARDE ? ?


Les Andelys, jeudi 9 mars LA PINTADE ET LE MAMMOUTH Ce courrier n'est pas le catalogue des revendications des professeurs de Lycée Professionnel. Il n'a que la modeste ambition de jeter la lumière sur l'incohérence et le mépris où peut conduire la politique de notre Ministre en matière de réformes. L'incohérence : avec cette sordide affaire d'accouchement dans les toilettes d'un Lycée Professionnel. Au journal de 20h, Madame Ségolène Royal, Secrétaire d'État, assure la gorge nouée par l'émotion de circonstance qu'elle veillera à ce que des mesures soient prises pour que pareil drame ne puisse se reproduire. Notre Ministre, Monsieur Allègre, aurait pu informer Madame Royal de son projet de suppression de l'enseignement "Hygiène Prévention Secourisme" en Baccalauréat Professionnel. Au passage, le journaliste en profitera pour s'interroger sur la passivité des enseignants de cette jeune fille. Les coupables sont désignés. Que l'on se rassure, les bonnes mesures seront prises ! Le mépris : au cours d'une réunion entre Madame Catherine Picard, députée PS de la circonscription de Vernon et les enseignants grévistes du Lycée de Vernon. C'est « Paris Normandie », édition de l'Eure du samedi 4 mars et dimanche 5 mars qui rapporte le propos de notre Députée. Un professeur l'interrogeait sur la revalorisation de l'enseignement professionnel avec l'utilisation dans une campagne publicitaire de l'image de Monsieur JACQUET ex-entraîneur de l'équipe de France et comme chacun le sait ex-tourneur fraiseur. La réponse était sans appel concernant Monsieur Jacquet:" QI de pintade ". La durée de vie de la pintade étant ce qu'elle est ( quelques semaines ), les spécialistes de ce volatile n'ont pu répondre à notre question : la pintade peut-elle conserver la mémoire deux ans? Lundi 6 Mars, on pouvait lire sur une banderole à la manifestation de Paris: " La droite l'a rêvé, la gauche l'a fait". Avec quelles méthodes? à quel prix? Les enseignants du Lycée J.Moulin des Andelys (27) en grève illimitée depuis le lundi 28 février 2000. Extrait de l'article de Paris Normandie du 04 & 05 mars 2000 : « Q.I. de pintade »... Dépités, les professeurs du lycée technique disent ne pas comprendre la politique envisagée par le gouvernement dans leurs établissements professionnels. L'un d'entre eux soulignait les efforts réalisés pour redorer le blason de ces enseignements souvent peu considérés. « On a même fait appel à Aimé Jacquet » relevait le professeur. Ce à quoi la députée répondait d'un revers de main que le sélectionneur de l'équipe de France championne du monde « avait un Q.I. de pintade. On a déjà eu ça avec Tapie. On ne va recommencer avec un footballeur à la retraite ». Fermez le ban.